La maman de Jade (nom d’emprunt) (13 ans) a été gravement malade (un cancer) et Jade (ainsi que son papa et sa grande sœur) en a été très bouleversée, c’est bien normal. Ce qui a beaucoup aidé Jade, c’est d’en parler à Hilde et Clémence qui sont devenues ses meilleures amies. Et à son chat.

Aujourd’hui sa maman va bien mais Jade pas du tout: elle se sent mal à l’école, ne parle plus de et à ses amies, est toute pâle et ne dort plus. Sa maman craint du harcèlement et en a parlé au préfet d’école, contre l’avis de sa fille d’ailleurs.

Jade me confie en entretien qu’ après une dispute (elle me rassure, une seule fois, ce n’est pas du harcèlement) avec Hilde et Clémence qui lui ont dit en avoir marre de ses problèmes, elle s’est sentie honteuse et anormale d’être triste. Déjà qu’elle n’osait pas pleurer à la maison… Ses efforts pour faire disparaître sa tristesse ont été vains. De peur d’être débordée par la tristesse et de rester triste toute sa vie, Jade fait tout pour garder le contrôle. mais cela ne marche pas.

Nous regardons comment elle a fait jusqu’ici: ne pas accepter sa tristesse, ne pas vouloir la montrer à sa maman pour la protéger, en parler tout le temps à ses copines… Et ensemble, nous voyons comment faire “le contraire”.

Congé de Toussaint prolongé à cause du confinement, Jade prend 20 min tous les soirs pour s’occuper de sa tristesse comme nous l’avons fait ensemble en séance. Au bout de quelques jours , l’exercice ne la fait plus pleurer. Jade a accepté sa tristesse, elle lui a donné de la place …Elle n’est plus submergée ni par la tristesse, ni par la peur d’être triste toute sa vie.

Quand je la revois plus tard, pour une troisième et dernière séance, Jade sourit et me dit qu’elle a des nouvelles copines avec qui elle rigole beaucoup …

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