« Il faut que je sorte de là. »

Changer de travail ? Après un burn-out, c’est souvent la première envie, avant même que le corps ait fini de récupérer. La colère envers l’entreprise, envers une situation qu’on juge injuste, rend le réflexe presque automatique : partir, tout de suite, ne plus jamais remettre les pieds là où on s’est effondré.

Certains peuvent partir. D’autres pas, un crédit en cours, des objectifs financiers à tenir, un marché de l’emploi qui, pour leur métier ou leur âge, ne s’ouvre pas facilement. Et pour eux, à la souffrance du burn-out s’ajoute celle de se sentir bloqués, coincés dans ce qu’ils voudraient fuir, avec un fort sentiment d’impuissance.

Pourtant, dans les accompagnements, ce n’est presque jamais là que se situe le vrai défi. Que l’on parte ou que l’on reste, changer d’emploi ne change, à lui seul, presque rien à ce qui a mené à l’effondrement.

Voici la situation de Janet — une cliente que j’ai accompagnée. Son prénom a été changé et son parcours anonymisé, avec son accord.

« Cette fois, il faut que ça soit différent !»

Janet a pris rendez-vous après après son troisième burn-out. Elle a la quarantaine, deux enfants, un poste de cadre moyen. Trois arrêts en une dizaine d’années, dans trois entreprises qui n’avaient presque rien en commun. Et la question

« pourquoi je tombe toujours sur un job qui me conduit au burn-out ? »

C’est ensemble, dans les premières séances, qu’on a repris les trois épisodes un par un.

Le premier poste, dans un service aux exigences fortes et aux moyens limités, l’avait vue tenir bien au-delà du raisonnable. À l’époque, elle traversait aussi une période personnelle difficile, un conjoint souvent absent, des enfants en bas âge, des parents peu disponibles. Le diagnostic, à la sortie de l’arrêt, semblait clair : une charge de travail intenable, une organisation à bout de souffle. En partant, elle réglait le problème.

Le deuxième poste n’avait rien à voir avec le premier. Une autre structure, une autre équipe. Mais on y a très vite reconnu sa maturité sur les dossiers — et on lui en a confié davantage. Elle a répondu comme elle savait le faire : en absorbant. Le contexte avait changé. Ce qui s’est rejoué, non.

Le troisième poste, enfin, était objectivement différent des deux précédents — une ambiance de travail que Janet elle-même décrivait comme bien meilleure. Le problème ne s’est pas logé dans la charge, cette fois, mais dans la relation à l’équipe : vouloir que tout le monde se sente bien, au point de perdre elle-même ses propres repères — et de brouiller ceux de l’équipe.

 

Trois contextes.

Trois natures de difficulté différentes , la charge, la reconnaissance, le lien. Et pourtant, un même mouvement  : répondre à ce que chaque système lui demandait, implicitement, en donnant trop.

Ce n’est pas un trait de caractère qu’on pourrait nommer et corriger. C’est une interaction entre un système qui sursollicite sans le dire, et la façon dont on y répond. Et c’es ce mécanisme que Janet a répété avec la meilleure volonté du monde.

Changer d’employeur avait changé le décor. Pas le mode de fonctionnement.

Aujourd’hui, Janet a repris le travail dans la même société (qu’elle quittera peut-être à un moment ou à un autre). mais elle n’a plus la pression d’une recherche d’un emploi ou d’un employeur idéal qui « respecterait ses limites » Elle a travaillé sa capacité à repérer, en temps réel, le moment où elle recommence à donner plus que ce qu’un rôle ou une relation demande et à (se) poser une limite.

Que Janet ait changé de poste trois fois n’a jamais été le problème en soi. Le problème, c’est qu’il lui a fallu trois postes pour voir ce qu’elle refaisait à chaque fois, sans s’en rendre compte.

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Après un burn-out, changer de travail ou rester au même poste n’est pas la solution.

La vraie question, c’est ce que vous avez vu — ou pas encore vu — dans votre propre façon de fonctionner face à ce qu’un poste vous demande. Si ce n’est pas encore clair, il y a de bonnes chances que le changement, à lui seul, ne suffise pas.

Besoin de voir clair dans votre situation ? Un coaching PePSS peut vous aider à décrypter des fonctionnements qui vous ont fait problème.